La formation › Module 1
Module 1 sur 10
Les fondamentaux : copropriété, syndicat et syndic bénévole
À la fin de ce module, vous saurez
- Distinguer le syndicat, le syndic, le conseil syndical et l'assemblée générale
- Lire le règlement de copropriété et l'état descriptif de division
- Savoir qui peut être syndic bénévole et comment il est désigné
- Mesurer vos responsabilités… et leurs limites
Avant de convoquer une assemblée ou d'appeler des charges, il faut savoir qui a le droit de faire quoi. Presque toutes les difficultés que rencontrent les syndics bénévoles viennent d'une confusion entre les rôles : le syndic qui décide à la place de l'assemblée, le conseil syndical qui gère à la place du syndic, ou un copropriétaire qui croit que « la copropriété » est une abstraction. Ce premier module pose les règles du jeu.
La copropriété en une page
Un immeuble est en copropriété dès que sa propriété est répartie entre plusieurs personnes par lots. Chaque lot comprend deux éléments indissociables :
- une partie privative (un appartement, une cave, un parking), dont le copropriétaire a l'usage exclusif ;
- une quote-part des parties communes (sol, gros œuvre, toiture, escaliers, canalisations collectives…), exprimée en tantièmes ou millièmes.
Deux textes régissent l'ensemble : la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, qui fixe les grands principes, et le décret n° 67-223 du 17 mars 1967, qui en précise l'application (convocations, procès-verbaux, comptes…). Leurs dispositions essentielles sont d'ordre public : une clause du règlement de copropriété qui les contredit est « réputée non écrite », c'est-à-dire sans effet (article 43 de la loi).
Dans ce parcours, « la loi » désigne la loi du 10 juillet 1965 et « le décret » celui du 17 mars 1967. Gardez-les en favori sur Legifrance : ce sont vos deux outils de travail.
Les quatre acteurs : syndicat, assemblée, syndic, conseil syndical
| Acteur | Qui est-ce ? | Son rôle |
|---|---|---|
| Le syndicat des copropriétaires | La collectivité de tous les copropriétaires. Il a la personnalité morale (article 14 de la loi). | C'est lui qui est titulaire des contrats, du compte bancaire, des dettes et des créances. Il est responsable des dommages qui ont leur origine dans les parties communes. |
| L'assemblée générale | La réunion des copropriétaires, au moins une fois par an. | Elle décide : budget, comptes, travaux, désignation du syndic et du conseil syndical. |
| Le syndic | Professionnel ou bénévole, désigné par l'assemblée. | Il exécute les décisions, administre l'immeuble et représente le syndicat (article 18). |
| Le conseil syndical | Des copropriétaires élus par l'assemblée. | Il assiste et contrôle le syndic et donne son avis (article 21). |
Retenez la chaîne : l'assemblée décide, le syndic exécute, le conseil syndical contrôle. Quand un copropriétaire vous demande « pourquoi n'avez-vous pas fait repeindre le hall ? », la bonne réponse est souvent : « parce que l'assemblée ne l'a pas voté ».
Le conseil syndical est obligatoire, sauf si l'assemblée décide, par une délibération spéciale à la majorité de l'article 26, de ne pas en instituer. Dans les « petites copropriétés » (voir plus bas), il n'est pas obligatoire du tout.
Lire le règlement de copropriété et l'état descriptif de division
Le règlement de copropriété (RCP) est la constitution de votre immeuble. Il précise :
- la destination de l'immeuble (habitation, usage mixte…) ;
- ce qui est privatif et ce qui est commun ;
- les conditions de jouissance des parties privatives et communes (animaux, locations, travaux, stationnement…) ;
- les règles d'administration des parties communes ;
- les clés de répartition des charges.
L'état descriptif de division (EDD), souvent intégré au même document, liste chaque lot avec son numéro, sa désignation et sa quote-part de parties communes. C'est lui qui vous donne les tantièmes de chacun.
La loi distingue deux grandes familles de charges (article 10) :
- les charges générales (conservation, entretien et administration des parties communes), réparties proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives, c'est-à-dire selon les tantièmes généraux ;
- les charges spéciales, liées aux services collectifs et aux éléments d'équipement commun (ascenseur, chauffage collectif…), réparties selon l'utilité que ces services présentent pour chaque lot.
Procurez-vous la version complète et à jour du règlement, avec tous ses modificatifs. Si les archives sont incomplètes, les actes publiés peuvent être obtenus auprès du service de la publicité foncière. Faites-en une copie numérique, surlignez les clés de charges et les clauses d'usage : vous y reviendrez chaque semaine.
Le syndic bénévole : qui peut l'être, comment il est désigné
Une condition : être copropriétaire
L'article 17-2 de la loi est très clair : « Seul un copropriétaire d'un ou plusieurs lots dans la copropriété qu'il est amené à gérer peut être syndic non professionnel. » Le texte ne prévoit aucune extension : ni un locataire, ni le conjoint ou l'enfant d'un copropriétaire ne peuvent être syndic bénévole.
Si le syndic cesse d'être copropriétaire (il vend son dernier lot), son mandat devient caduc trois mois plus tard. Pendant ce délai, il doit convoquer une assemblée pour désigner son successeur.
La désignation
- Le syndic est désigné par l'assemblée générale à la majorité de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires). Si le projet obtient au moins un tiers de ces voix, un second vote immédiat à la majorité de l'article 24 est possible (article 25-1).
- Le mandat dure trois ans au maximum (article 28 du décret). Il est renouvelable par un nouveau vote.
- La résolution précise la date de début et de fin du mandat, et les conditions de remboursement des frais ou de rémunération.
Bénévole, mais pas forcément gratuit
Le syndic non professionnel peut exercer sans aucune contrepartie. Il peut aussi être remboursé des frais nécessaires engagés (sur justificatifs), et l'assemblée peut lui allouer une rémunération pour le temps passé. Dans tous les cas, faites-le voter clairement : c'est la meilleure protection contre les soupçons.
Ce qui change par rapport à un professionnel
- Pas de carte professionnelle ni de garantie financière à fournir.
- Pas d'obligation de proposer un espace en ligne sécurisé (extranet) : l'article 18 ne l'impose qu'au syndic professionnel.
- En revanche, les obligations de gestion sont les mêmes : compte bancaire séparé, comptabilité, assemblée annuelle, immatriculation, carnet d'entretien, fiche synthétique…
Deux alternatives à connaître
Le syndicat coopératif (article 17-1). Le conseil syndical, alors obligatoire, élit le syndic parmi ses membres ; le syndic en est le président de droit. L'assemblée désigne une ou plusieurs personnes chargées du contrôle des comptes. La forme coopérative s'adopte, ou s'abandonne, à la majorité de l'article 25. C'est une bonne formule pour partager la charge dans une équipe soudée.
Le régime des « petites copropriétés » (articles 41-8 et suivants). Il s'applique aux syndicats d'au plus cinq lots à usage de logements, bureaux ou commerces, ou dont le budget prévisionnel moyen sur trois exercices est inférieur à 15 000 €. Il allège plusieurs règles : conseil syndical facultatif, comptabilité sans partie double, décisions possibles à l'unanimité par consultation écrite (sauf le budget et l'approbation des comptes). Une copropriété de 10 à 20 lots n'en relève donc que si son budget est modeste.
Croire que « petite copropriété » signifie « moins de 10 lots » ou « moins de 20 lots ». Le critère légal est au plus 5 lots ou un budget moyen inférieur à 15 000 €. Vérifiez vos trois derniers budgets avant de vous en prévaloir.
Vos responsabilités… et leurs limites
Le syndic est le mandataire du syndicat. À ce titre, il répond des fautes qu'il commet dans sa gestion. Le Code civil prévoit toutefois une appréciation plus souple pour le mandataire bénévole : « la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le mandat est gratuit qu'à celui qui reçoit un salaire » (article 1992).
Moins rigoureusement ne veut pas dire jamais. Les fautes qui coûtent cher sont connues :
- laisser l'immeuble sans assurance ou avec une police inadaptée ;
- engager des dépenses importantes sans vote de l'assemblée ;
- ne pas relancer les impayés jusqu'à la prescription ;
- mélanger les fonds de la copropriété avec les siens, ou avancer de l'argent personnel au syndicat ;
- convoquer ou tenir l'assemblée en violation des règles de forme, ce qui expose ses décisions à l'annulation.
Le syndic bénévole n'est pas tenu de souscrire une assurance de responsabilité civile personnelle, mais il a tout intérêt à être couvert. De nombreux contrats multirisques d'immeuble proposent une garantie « responsabilité civile du syndic bénévole », dont le coût est pris en charge par la copropriété : vérifiez votre contrat (module 7).
Travaillez « à livre ouvert » avec le conseil syndical : relevé bancaire mensuel partagé, factures accessibles, décisions tracées par écrit. La transparence est votre meilleure assurance, bien avant tout contrat.
L'essentiel en une check-list
- J'ai la version complète du règlement de copropriété, de l'état descriptif et de leurs modificatifs.
- Je connais les clés de répartition de charges de mon immeuble.
- Je sais si ma copropriété relève du régime des petites copropriétés (5 lots au plus, ou budget moyen inférieur à 15 000 €).
- Ma désignation a été votée à la majorité de l'article 25, pour trois ans au plus, avec les conditions de frais ou de rémunération.
- Je sais ce qui relève de l'assemblée, de moi et du conseil syndical.
- J'ai vérifié si l'assurance de l'immeuble couvre ma responsabilité de syndic bénévole.
Textes : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 10, 14, 17-1, 17-2, 18, 21, 25, 25-1, 26, 41-8 à 41-12 et 43 ; décret n° 67-223 du 17 mars 1967, article 28 ; Code civil, article 1992. À jour au 29 septembre 2026.
Quiz de validation
Trois bonnes réponses sur quatre valident le module. Vous pouvez recommencer autant de fois que vous le souhaitez.
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Les neuf suivants vont plus loin : passation, AG, budget, comptabilité, assurances, obligations, impayés, travaux et ventes.